2011 avril
Archives Mensuelles
25 avril 2011
Posted by Laurent Artur du Plessis under
Crise économique | Tags:
économie réelle,
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La consommation dopée au crédit (lui-même alimenté par une création monétaire déconnectée de l’économie réelle) qui a régi les économies occidentales depuis plusieurs décennies, stagne quand elle ne régresse pas. Dans les prochaines années, elle sera foudroyée par l’inéluctable faillite en série des États surendettés.
Cela va entraîner de lourdes conséquences pour les pays fortement exportateurs du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui jusque-là font figure de grands gagnants face aux pays occidentaux « sur le déclin » : ils entreront à leur tour en crise, faute de pouvoir développer à temps une demande intérieure solvable pour prendre le relais de la demande internationale défaillante. Alors, c’est l’économie mondiale dans son ensemble qui sera en crise. Le marasme des pays émergents s’ajoutera à celui des pays occidentaux.
Guerres civiles, guerres internationales, terrorisme
Ce cataclysme économique planétaire provoquera des guerres civiles à base d’antagonismes sociaux, ethniques, religieux , et des guerres internationales (comportant aussi des ingrédients ethno-religieux) catalysées par d’âpres compétitions pour les matières premières (hydrocarbures, céréales, minerais, eau…). Ces violences seront colorées d’un terrorisme à l’efficacité démultipliée par la vulnérabilité des infrastructures modernes (industries chimiques, réseaux électriques, centrales nucléaires…) qu’il est possible de saboter avec un minimum de moyens pour un maximum de dégâts matériels et humains : la concentration des populations dans les villes est de nature à amplifier démesurément l’impact des actes terroristes.
La crise de 29 conduisit à la 2ème Guerre mondiale
L’aggravation de la crise économique par la prochaine faillite des États occidentaux et son inéluctable extension aux pays du BRICS entraineront le monde dans la guerre sous toutes ses formes. Comment pourrait-il en être autrement ? La crise de 1929 déboucha sur l’accession du nazisme au pouvoir et la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, cette crise se produisit dans un contexte différent de celui d’aujourd’hui : les économies étaient beaucoup moins interdépendantes, beaucoup d’entre elles étaient encore quasi autarciques, le volume du commerce international était moindre, l’économie mondiale comportait des caissons étanches. De nos jours, avec la mondialisation, les transports intercontinentaux de masse, la numérisation globale, toutes les économies sont interconnectées. Il n’y a plus d’aire économique qui soit à l’abri des tempêtes. Une crise boursière fait le tour du monde en quelques heures.
Le naufrage de « la gouvernance mondiale »
Au cours des dernières décennies, l’idée d’une gouvernance mondiale faisait son chemin au diapason de l’essor de la mondialisation de l’économie. Les organisations internationales (ONU,FMI…) étaient volontiers présentées comme la préfiguration de cette gouvernance mondiale. Après l’effondrement de l’URSS, la puissance américaine catalysait ce processus de gouvernance mondiale, qui prenait les allures d’une « pax americana ». L’élan vers la gouvernance mondiale est battu en brèche par la crise, qui exacerbe les antagonismes monétaires, commerciaux… Les pommes de discorde se multiplient. L’autorité de « gendarme du monde » qu’exerçaient les États-Unis se désagrège rapidement au fil de la crise économique. Le monde va vers le polycentrisme. Les désaccords économiques qui s’exacerbent feront le lit des prochaines guerres.
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23 avril 2011
Posted by Laurent Artur du Plessis under
Crise économique | Tags:
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Tant que les agences de notation s’en prenaient aux économies périphériques (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne…), ça ne semblait pas si grave : après tout, ces États surendettés ne manifestaient-ils pas la sénescence de la Vieille Europe, frappée d’une paralysie la rendant incapable de surfer sur la vague de la reprise économique mondiale ? Il fallait laisser ce vieillard malade s’éteindre doucement tandis qu’un soleil radieux se levait ailleurs. Mais voilà : en début de semaine, l’agence de notation Standard & Poors a abaissé à « négative » la perspective d’évolution de la note des États-Unis. En 2011, leur déficit budgétaire devrait atteindre les 1 400 milliards de dollars, près de 9,8% du PNB (malgré une croissance à 3,3%), et leur dette publique approcher les 15 000 milliards, c’est-à-dire le seuil psychologique de 100% du PIB (en 2010, elle dépassait les 13 000 milliards de dollars, soit plus de 90% du PIB).
Standard & Poors a lancé une sévère mise en garde : « Il y a un risque réel que les responsables politiques américains ne parviennent pas à un accord sur la façon de répondre aux difficultés budgétaires à moyen et long terme d’ici à 2013; s’il n’y a pas d’accord [entre démocrates et républicains] et qu’une mise en œuvre significative n’est pas lancée d’ici là, cela rendrait à notre avis le profil de risque des États-Unis significativement plus faible que celui des autres pays AAA ».
L’Amérique, clé de voûte de l’économie mondiale
Ce qui se joue là est d’une importance majeure. Malgré l’émergence des économies du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), celle des États-Unis occupe encore une place centrale : c’est la clé de voûte de l’économie mondiale ; quand celle-ci s’effondre, tout l’édifice s’effondre. Quand George W. Bush arriva au pouvoir, fin 2000, le déficit budgétaire s’élevait à 4 000 milliards de dollars. Huit ans plus tard, en quittant la Maison Blanche, il laissait un déficit de 8 000 milliards de dollars, notamment à cause de la guerre en Irak. Les plans de relance liés à la crise des subprime portent le déficit à bientôt 15 000 milliards de dollars. Le surendettement public américain galope comme un cheval fou. Le statut de « meilleur emprunteur » des USA sera caduc dans les toutes prochaines années, quand ils auront perdu leur triple A. Cela fera l’effet d’une bombe atomique. Les Bons du Trésor américain ne vaudront plus grand-chose, le dollar ne sera plus la monnaie de référence.
Aux États-Unis, l’automne s’annonce orageux
Déjà, l’orage étasunien s’annonce pour l’automne prochain. La crise budgétaire va bientôt contraindre l’État fédéral (et les États fédérés) à une politique d’austérité qui paralysera des pans entiers de l’économie américaine. Celle-ci est beaucoup plus keynésienne qu’on ne le croit souvent. Dans un système keynésien, un soudain retrait de l’État produit un effet de sidération sur l’économie. La crise des Bons du Trésor américains fera partie de la tourmente qui s’annonce. Et aussi celle du dollar, déstabilisé par l’arrêt du Quantitative Easing 2 en juin prochain.
Cela interviendra dans un contexte mondial défavorable. L’équilibre des finances publiques dans le monde reste « très aléatoire », comme l’a dit le FMI mardi dernier : en 2011, « le ratio moyen entre dette publique brute et PIB dépassera la barre des 100 % pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » et « les besoins de financements bruts atteindront des niveaux records ». Ceci malgré les politiques d’austérité mise en œuvre par de nombreux États. Les taux d’intérêt vont monter. L’économie mondiale sera violemment secouée. La crise américaine aura des répercussions sur les banques centrales, les grands réseaux bancaires, les sociétés multinationales, les fonds de pension… Les pays exportateurs verront leurs débouchés américains se restreindre drastiquement. Les ondes de choc sur l’économie mondiale seront multiples.
Au-delà des États, il n’a aura plus de recours
Ainsi, la crise économie mondiale aborde inexorablement une deuxième phase : la faillite des États, dont leur numéro un, les États-Unis, superpuissance mondiale. Ce phénomène va prendre à rebours l’optimisme suscité par la reprise économique liée aux plans de relance qui, pourtant, dans les pays occidentaux, est faible par rapport à l’ampleur des injections de liquidités effectuées pour redynamiser la croissance.
Pour sauver les banques, on a chargé les mules étatiques. C’est à leur tour de défaillir. Au-delà des États, il n’y aura plus de recours : plus rien ne s’opposera à la terrifiante logique purgative de la crise.
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9 avril 2011
Posted by Laurent Artur du Plessis under
Choc Islam-Occident,
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Il est impossible aux forces occidentales engagées en Libye d’éviter les bavures : le 1er avril, 9 rebelles et 4 civils tués par l’aviation occidentale qui a essuyé des tirs de joie de mitrailleuse à balles traçantes : le 7 avril, 2 insurgés tués et une dizaine de blessés, un char rebelle ayant été détruit par l’aviation occidentale qui l’a pris pour un blindé des forces loyales à Kadhafi. En outre, les tirs de missiles sur les centres de communication et autres installations stratégiques de l’armée de Kadhafi, souvent situés au cœur des villes, ont forcément fait des victimes parmi les civils du proche voisinage.
Les civils, boucliers humains
Des bavures, il pourrait y en avoir beaucoup plus, vu les conditions de cet engagement militaire. D’autant que les forces de Kadhafi se sont adaptées, en se déplaçant avec des 4×4 Toyota semblables à ceux des insurgés et des véhicules civils. Leurs chars roulent la nuit. Les militaires loyalistes se font souvent accompagner de civils qui leur servent de boucliers humains. Il est d’autant plus difficile pour l’aviation occidentale d’identifier ses cibles qu’elle ne peut voler à basse altitude à cause des tirs possibles de missiles sol-air. Les militaires kadhafistes s’embusquent dans les villes, au milieu des civils. Leurs chars et leurs camions lance-roquettes sont embossés dans des cours, des ruelles. Les hélicoptères, qui pourraient les attaquer avec précision, ne peuvent cependant pas être utilisés car ils seraient vulnérables aux mitrailleuses doubles ou quadruples de calibre 13,87 millimètres de fabrication russe, aux lance-grenades antichars portatifs…
Faire la guerre, mais pas à fond
Voilà l’impossible mission du « soldat de la paix » : il doit faire la guerre, mais pas à fond. Aussi la fait-il mal. Faire la guerre à fond implique forcément des bavures sur les civils et aussi les combattants alliés. Cela implique aussi l’engagement de troupes au sol (pas seulement des forces spéciales) pour compléter l’action aérienne. Aussi le conflit libyen s’enlise-t-il. Les rebelles, inexpérimentés, inorganisés et mal armés, piétinent.
Soldat de la paix : un concept chimérique
Cela fait écho au conflit afghan, en ce sens que les forces occidentales y sont, là aussi, handicapées par les impératifs de la guerre humanitaire. Chaque « dommage collatéral » y est monté en épingle par les talibans et le gouvernement Karzaï. Les insurgés utilisent fréquemment les villageois comme boucliers humains. D’où une extrême retenue des Occidentaux dans la conduite de leurs opérations aériennes et terrestres qui en réduit l’efficacité.
L’Occident ne pourra pas continuer éternellement à se lancer dans des guerres – fort coûteuses – en se liant les mains. En ces temps de crise économique et de multiplication des conflits, le concept de soldat de la paix est appelé à être remis en question. C’est un concept chimérique, en forme d’oxymore – un soldat a vocation à faire la guerre – qui deviendra de plus en plus inapplicable.
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2 avril 2011
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Choc Islam-Occident,
Libye | Tags:
A Qaida,
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L’amiral américain James Stavridis, commandant des forces de l’OTAN en Europe, a confié, devant le sénat américain, ses « soupçons » sur la présence de djihadistes parmi les insurgés. Des soupçons, il y a de quoi en avoir… La Libye est depuis 30 ans grande pourvoyeuses de djihadistes. Les siens prirent une part importante à la guérilla antisoviétique en Afghanistan dans les années quatre-vingt, où ils acquirent une solide expérience militaire. Ils continuèrent à briller en Irak, où ils constituèrent le plus important contingent de djihadistes étrangers après les Saoudiens, et les plus disposés à l’action kamikaze.
Les villes libyennes de Darnah et Benghazi, épicentres de la rébellion antikadhafiste, sont des foyers de l’islamisme radical. Au milieu des années quatre-vingt-dix, elles furent le théâtre de soulèvements intégristes violemment réprimés par Kadhafi. Les libyens jouent un rôle important au sein d’Al Qaida : Abou Yaya en est le n°3, et Abou Laith, l’un des plus importants chefs militaires. En novembre 2007, Ben Laden a adoubé la Jama’ ah al-libiyah al-muqatilah, succursale libyenne d’Al Qaida.
Main basse sur des missiles sol-air
Les djihadistes de la rébellion libyenne ont l’habileté politique de ne pas s’afficher en tant que tels face aux médias. Mais ils reçoivent des encouragements de l’étranger, tels ceux d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), formulés dans ce communiqué du 24 février : « Nous déclarons notre soutien et notre aide à la révolution libyenne et à ses demandes légitimes, et nous assurons notre peuple en Libye que nous sommes avec vous et que nous ne vous laisserons pas tomber ». Les rebelles islamistes libyens profitent des occasions qui se présentent. Ainsi, ils ont acheminé vers le sanctuaire islamiste du Ténéré, au Tchad, des armes – parmi lesquelles des missiles sol-air – abandonnées par des militaires kadhafistes en déroute.
Armer la rébellion libyenne ? Ce serait armer son noyau dur, les djihadistes islamistes. Ils retourneraient contre l’Occident les armes qu’il leur fournirait, comme après la guerre d’Afghanistan des années quatre-vingt.
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